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LE PIEGE.
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Dionée
Mise
à jour : 23/11/04
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Avant de le décrire, attardons nous sur sa fonction. Dans quelle
mesure le régime carné est il nécessaire ?
Avec le soleil, leau et le gaz carbonique, comme toute les autres
plantes, les feuilles assurent la photosynthèse permettant la fabrication
dhydrates de carbone nécessaires à la vie. Avec les
racines, elles sont capables d'absorber dautres substances nutritives.
Ce régime pourrait alors être caractérisé comme
superflu ou dappoint. Il devient parfois vital quand la plante est
isolée sur un îlot de sphaigne qui a déjà absorbé
le peu de substances nutritives du milieu.
La fermeture du piège de la Dionée
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Description.
Le piège est constitué de 2 lobes réniformes séparés
et reliés par une nervure centrale épaisse évoquant
un "piége à loup". Il est de dimension variable
selon lâge de la plante et les conditions de culture. Il mesure
chez une plante adulte 1 à 4 cm de longueur et 5 à 20 mm
de largeur. Pour une jeune plante (semis, bouture, rejet
d'écaille), le piège mesure quelques millimètres.
Le piège ne fonctionne que 3 à 4 fois,
ensuite il devient inefficace mais la feuille assure
toujours la photsynthèse. La durée de vie des pièges
étant limité, il est important de ne pas les stimuler inutilement.
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Les
différentes structures du piège servent à l'attraction,
la détection, la capture, la digestion et l'assimilation de la proie.
Il comporte 4 organes principaux et une simple loupe permet l'observation
de ces détails anatomiques :
1-
Les dents marginales :
La périphérie du piège en comporte 15 à 20 légèrement
courbées vers lintérieur. Elles sont souples au toucher
et s'entrecroisent lors de la fermeture empêchant la fuite de la proie
piégée.
2-
Les glandes nectarifères :
Il
sagit de petites glandes sessiles*
généralement incolores et qui sécrètent des
glucides ayant un rôle dans lattraction des proies. Elles sont
sur un fin liséré vert situé à la bordure des
lobes à la base des dents et à lintérieur du
piège.
3-
La surface digestive :
Elle se trouve au centre des 2 lobes et est couverte d'une multitude de
glandes digestives pigmentées de couleur rougeâtre ou jaunâtre
reposant sur un épiderme plat. Elles sont plus grandes que les glandes
de la bande périphérique et peuvent être vues facilement
à lil nu. Le piège fermé, cette région
délimite temporairement la cavité digestive.
4-
Les poils détecteurs :
Parmi les glandes digestives, se dressent des poils sensibles disposés
en triangle isocèle à base externe, dune longueur de
quelques millimètres généralement au nombre de trois
par lobe, rarement davantage. Ils occupent une position symétrique
d'un lobe à l'autre. Les effleurer referme mes mâchoires du
pièges instantanément. Certains pièges de grande dimension
peuavnt avoir plus de 3 poils sensitifs. |
Poils sensibles, une gachette très efficace.

Les poils sensibles forment un triangle à base est externe. Notons
la présence de 4 poils sur un lobe.
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Les phénomènes de fermeture.
Inspiré des articles de L. Legendre et
de G. Findlay, Bulletin DIONEE n°45,
2001.
Tous les pièges se composent d'une zone capable de sentir la présence
de la proie (zone réceptrice) constituée
par les poils sensitifs, et d'une zone capable de fermer le piège
(zone motrice) constituée par les couches
cellulaires externes et internes de chaque lobe du piège.
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1-
La zone réceptrice.
La fermeture du piège nécessite 2 stimuli mécaniques
successifs sur le même poils ou sur 2 différents. La fermeture
n'est possible qu'après cette double stimulations. Ce système
ingénieux permet déviter une fermeture intempestive
par des gouttes de pluie, des brindilles poussées par le vent, etc...
La Dionée a la mémoire courte. Un espace de plus de 20 s entre
2 stimulations induit une fermeture incomplète du piège et
d'autres stimulations seront nécessaires pour une fermeture totale.
Un délai de 1 mn nécessitera 6 stimulations pour une fermeture
complète et un délai de 2 mn demandera 27 stimulations dont
10 juste pour voir le piège opérer un début de fermeture.
La fermeture est un phénomène complexe contrôlé
par le transfert de nombreux signaux. Un signal est envoyé par le
premier poils sensitif excité puis un deuxième en direction
des cellules motrices. Les lobes du piège vont alors s'incurver pour
devenir convexes. La nervure centrale n'est pas à une charnière,
toute sa structure bouge. La courbure des parois est d'autant plus grande
que l'on se rapproche des dents.
J.D.
Degreef
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Les 3 poils sensibles rouges et la zone charnière de couleur plus
pâle à la base.

Gros plan d'un poils de 3mm. |
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La communication chimique entre les zones réceptrice et motrice.
A la base des poils sensibles se trouve une zone charnière fine
et souple qui est capable de se plier quand une pression mécanique
est exercée sur le poils. Les cellules de cette zone subissent
alors une forte déformation lors d'un stimulus mécanique.
Elles ont une structure interne particulière, elles possèdent
du réticulum endodermique disposé en anneaux concentriques
qui fournirait des informations sur les variations de pression. Cette
structure est unique dans le règne végétal et ressemble
à celle des cellules musculaires animales.
Ce n'est pas ce signal physique qui est transmis aux zones motrices éloignées
de 1 à plusieurs millimètres. Le mouvement de la proie est
traduit en signaux chimiques véhiculés à travers
les lobes du piège de cellule en cellule. La nature de ces mécanismes
chimiques impliqués dans les phénomènes de signalisation
ionique et ceux des protéines responsables de leur transport et
de leurs effets demeurent mal connue. Le signal est ionique et implique
des mouvements de substances chargées électriquement. Leur
déplacement provoque un courant électrique, un potentiel
d'action. Quand ces potentiels d'action atteignent les cellules motrices,
ils engendrent de nouveau un potentiel d'action au sein même de
ces cellules responsables de la fermeture.
La transmission du signal de la zone de perception vers la zone motrice
nécessite que toutes les cellules présentes entre ces 2
zones soient capables de recevoir le signal et de le transmettre à
la cellule adjacente. Ce signal est transmis à grande vitesse (10
cm/s soit 360 m/h) à travers tout le piège, les deux lobes
se referment simultanément sans délai apparent.
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La zone motrice.
La fermeture du piège est en 2 temps :
1-
La phase rapide mécanique, 2
théories
:
Elle est induite mécaniquement en touchant les poils sensitifs.
La vitesse de fermeture peut atteindre 1/30s et varie en fonction de la
température et de lensoleillement. Un piège exposé
au froid et/ou à l'obscurité se referme plus lentement (c'est
le cas en hiver). Cest une des réactions les plus
rapides dans le monde végétal avec un record pour l'Aldrovanda,
la "Dionée aquatique", avec 1/50s. A l'issue de cette
phase, les dents s'entrecroisent et le piège reste encore partiellement
ouvert, la fermeture définitive lente et chimique est la seconde
étape.
Il semble que lorsque le piège est ouvert, les cellules de proches
de la charnière et celles de la face interne ont une plus grande
pression hydrostatique interne que les cellules de la face externe du
piège. Cette plus grande pression hydrostatique (turgescence)
est responsable d'un élargissement des cellules interne tout en
laissant les cellules externes en l'état, de sorte que les lobes
se tiennent écartés. Cette turgescence est due a des protéines,
agissant comme des pompes, qui transportent de l'extérieur vers
l'intérieur de la cellules des ions et des solutés (principalement
des sels de potassium). Lorsque les potentiels d'action atteignent
les cellules motrices, elles les perdent brutalement en conduisant à
la fermeture des lobes. Cette explication semble être la plus favorable
(Findlay, 2000).
Une autre théorie plus ancienne est discutable (Williams
et Bennet, 1982) propose que la fermeture du piège s'avère
être une réponse sous forme d'une croissance (turgescence)
rapide des cellules motrices de la face externes des lobes. A la manière
d'une bilame, la couche externe grandit tandis que la couche interne reste
identique. La croissance cellulaire serait due à une acidification
du milieu externe ayant pour conséquence une diminution des forces
ioniques responsables de l'assemblage des fibres (polymères)
qui constituent la paroi cellulaire solide. Comprimées contre leur
paroi, les cellules profitent du ramollissement de leur coque pour s'étendre,
un phénomène qui s'accompagne d'une aspiration d'eau. Ce
modèle explique qu'un piège ne fonctionne que 3 à
4 fois. Quand les fibres pariétales sont totalement étirées,
il nest plus possible de les solliciter pour une nouvelle fermeture.
Cette théorie est discutable car la vitesse de fermeture ne peut
être plus rapide que 0,2s dans ce phénomène de turgescence,
mais elle pourrait expliquer le nombre de fermetures limitées du
piège.
2-
La phase lente chimique :
Il s'ensuit un phénomène plus lent, de quelques heures,
permettant une fermeture étanche du piège. Les dents du
piège sont alors parallèles entre elles. Cette phase nécessite
la présence de substances chimiques présentes dans la proie
tel que le sodium ou bien résultant de sa digestion partielle par
la plante comme les ions ammonium. Un piège au repos sécrète
donc une petite quantité d'enzymes hydrolytiques pour pouvoir déceler
le contenu chimique de ces captures (La Dionée goute
ses proies!). La présence des premiers résidus de
dégradation enzymatique induit la fermeture étanche du piège
par la sécrétion de mucilage des petites glandes périphériques,
et elle stimule la sécrétion d'enzymes. Ainsi, le piège
reste parfaitement fermé tant qu'il reste quelque chose à
digérer.
Ce deuxième mouvement ne peut être obtenu si la plante a
initialement été leurrée.
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Mouvement du piège :
position de repos (jaune)
mouvement rapide (orange) mouvement lent (rouge)

Les dents sont parallèles lors de la digestion...
Mais ce n'est
pas toujours le cas.
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| 3-
Les phénomènes d'ouverture. Inspiré
de l'articles de L. Legendre, Bulletin DIONEE n°45,
2001.
La digestion achevée, le piège souvre de nouveau.
Le mouvement douverture est amorcé par une phase rapide,
puis complété par une phase plus lente qui correspond à
la croissance des cellules situées sur la face digestive courbant
peu à peu la face externe du piège. Il se produit grâce
à l'assimilation des nutriments issus de la proie. Un piège
ayant fonctionné peut être identifié par la position
un peu plus verticale de ses dents et l'absence d'une cuticule poreuse
couvrant les glandes digestives, présente sur les pièges
vierges. La taille de la proie capturée ou des conditions climatiques
(froid et faible luminosité) peuvent influencer
la durée de fermeture, d'une semaine à quelques semaines
pour une grosse proie jusqu'au dépérissement du piège
sans réouverture.
L'ouverture survient dans les 24h après une fermeture "à
vide". Un même piège peut réaliser jusqu'à
3 à 4 cycles de digestion avant de mourir.
Fermer et ouvrir un piège de dionée conduit à une
modification irréversible de la structure de ce dernier et à
son agrandissement (allongement des cellules externes du
lobe suivi par celui des cellules internes). Cet effet de croissance
du piège est peu visible à il car il n'est que de
7% en moyenne (?).
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