5-
LA MULTIPLICATION.
|
Dionée
22/08/05
|
La
Dionée peut être reproduite de plusieurs manières,
par le mode sexué (semis de graines) et
par les modes asexués ou végétatifs (bouture,
touffes, apomixie, culture tissulaire "in vitro").
Le
semis permet de multiplier une plante à partir de ses graines.
Il s'agit d'une reproduction sexuée avec un brassage de gènes.
Ainsi les descendants ne ressembleront pas aux parents, la génétique
veut qu'il prennent la moitié du patrimoine de chaque parent.
En pratique, croiser une Dionée forme rouge avec une Dionée
forme "dent de scie" ne donnera pas une Dionée "rouge
en dent de scie". Les plantes ainsi obtenue mettent 4 à
5 ans pour devenir adulte et être capable de fleurir.
La reproduction végétative est variée
: par bouture de feuilles ou d'écailles, par division de touffes,
plus rarement décrit par apomixie (terme impropre,
voir le chapitre 4) et par culture de tissus "in
vitro".
Il n'y a pas de brassage de gène comme dans une reproduction
sexuée. La plantule obtenue est une copie conforme de la plante-mère,
un clone. Cette méthode est utile quand nous voulons conserver
tous les caractères de la plante-mère dans sa descendance
(couleur verte, dents de scie...). Les plantes
ainsi obtenues sont adultes et capables de fleurir en 2 ans.
|
Semis
/ Division / Bouture / Apomixie
/ Culture tissulaire "in vitro"
|
| 1-
Le semis. ->
semis de Dionée
Après la pollinisation des fleurs, les graines mettent 4 à
6 semaines pour mûrir. La pollinisation se fait naturellement par
les insectes butineurs mais elle peut être soutenue par le passage
d'un pinceau de fleur en fleur. Le production de graine est encore améliorée
quand nous disposons de plusieurs pieds de Dionée, la nature favorise
les croisements entre Dionées que plutôt entre fleur d'une
même Dionée.
Les graine sont contenues dans une capsule (l'ovaire) qui en dénombre
en moyenne entre 10 et 20. Une fois mûres, la capsule s'ouvre et
elles se répandent autour de la plante. Vers Juillet-Août,
nous pouvons laisser les graines se semer sur place. Il est aussi possible
de les récolter et de les stocker dans un endroit frais à
labris de la lumière (bac à légume du réfrigérateur).
Certains affirment avoir obtenu une germination après une conservation
de 5 ans au frigidaire. Au chaud, le taux de germination est plus faible.
Le
semis doit être réaliser en Février-Mars. Il faut
poser les graines délicatement sur la surface d'une tourbe bien
humidifiée et bien tassée. Evitons de les toucher avec les
doigts qui peuvent véhiculer d'éventuels contaminants. La
tourbe dispose de vertues naturelles antifongiques et antibactériennes,
l'utilisation de produits "anti-maladie" n'est pas indispensables
sauf si alerte bien diagnostiquée. Ceux sont des polluants pour
vous et pour tout votre environnement, ne traitons pas à la légère,
il est nécessaire de cultiver en préventif et se placer
toujours dans les bonne conditions de cutlure requises.
Garder le milieu clos (recouvrir d'une plaque de verre, sac plastique,
emballage plastique transparent en forme de boite, mini-serre, etc...)
afin de garder une forte humidité, maintenir une température
entre 10 et 20°C (je préfère les températures
de mon terrarium tropical qui ne descendent pas au dessous de 20°C)
et une bonne luminosité sans soleil direct. La luminosité
n'est pas à néglider!
Si nous nous préocupons de rien, les semis se font naturellement
autour de la plante.
Semer en hiver est possible mais au chaud et sous éclairage artificielle
ce que je pratique parfois. Je sème en Janvier dans mon terrarium
tropical et je sors les plantes en extérieur en Juin. Je gagne
un peu de temps sur son cycle végétatif mais cela peut être
compromis par la difficulté passagère de croissance lors
de l'acclimatation tropical vers l'extérieur (très stressant).
La pousse est assez lente. Les jeunes plantes doivent être habituées
progressivement à l'air libre en soulevant peu à peu le
couvercle. Quand elles seront suffisamment robustes pour être manipulées,
plus la plante est petite plus c'est risqué, mais en étant
méticuleux et en prenant la motte de substrat sans blesser les
racines c'est possible, plantons les dans leur pot définitif.
Retenir qu'une plante se "porte mieux" quand on y touche pas.
Il faut attendre 4 à 5 ans pour que les plantes issues de semis
deviennent adultes et fleurissent.
|

Graines de Dionée,
noires et brillantes, en forme de pépins de raisin et de 1mm dans
le plus grand axe.

Jeune Dionée (semis de 9 semaines). |
| haut
|
| 2-
La division de touffes ou d'écailles.
Des petites plantes, des rejets ou des touffes, apparaissent spontanément
autour du pied mère. Quand elles sont de "bonne" taille
et lors du rempotage de printemps, séparons les et plantons les
dans du substrat neuf (attendre 1 à 2 ans et ne pas être
pressé de les séparer). Attention, une plante fluette ou
trop jeune peut avoir une reprise lente et difficile, préférons
les dodues. Après le rempotage, il faut éviter de les brutaliser
de nouveau en changeant trop de paramètres des conditions de culture
initiaux du pied mère (lumière, température, humidité,
vends, exposition, etc...). Pour cela, mettons les pots obtenus a coté
de celui qui a fourni le pied mère. Pour favoriser la repousse,
il est possible d'augmenter la température (20 à 25°C
par exemple) et l'humidité en faisant attention à l'apparition
de pourriture.
Les écailles sont responsables de la formation des touffes qui
apparaissent à coté du pied mère. Elles sont les
bases souterraines des pétioles des feuilles sèches, disparues
ou cassées lors des manipulations. Les écailles des feuilles
de l'année précédente se tiennent à la "queue
leu leu". Elles se détachent d'un seul bloc, avec les doigts,
lors d'un rempotage printanier. Il est possible de les replanter dans
un substrat neuf mais il est nécessaire de les choyer (davantage
que les touffes) pour assurer une bonne reprise. Le même triptyque
magique, luminosité/humidité/chaleur (sans forcer) et en
surveillant l'éventuelle apparition de pourriture.
|

Un gros pied de Dioné qui a été
séparé en 5 touffes. Les 2 touffes en bas à gauche
sont maigrichones, pas idéales.

Ecailles de Dionée, extrémité
blanchâtre souterraine de la feuille "collée" au
rhizome ayant perdu les partie aériennes.
|
| haut
|
|
3-
La bouture de feuilles ou d'écailles.
->Bouture
de Dionée
La feuille de la Dionée est constituée d'un piège
attaché à une partie "feuillue" plate pourvue
d'une épaisse nervure centrale se terminant par une partie souterraine
blanchâtre. Pour la bouture, il faut prélever toute la feuille
et en faisant attention à prendre aussi la partie blanchâtre
souterraine collée au rhizome. Cette pratique permet de réussir
les boutures mais oblige à déplanter délicatement
et momentanément la plante. Pour palier à cette inconvénient,
je la pratique lors du rempotage du printemps, juste avant la reprise
de la croissance. Ensuite avec un peu d'adresse et de compréhension
de la structure du rhizome, il est facile de prélever une feuille
sans déranger la plante en terre. Sélectionnons les feuilles
vigoureuses pour les replanter dans un substrat neuf, bien humide en maintenant
la feuille plaquée au sol (soustraire le piège nullement
nécessaire pour l'opération). De nouvelles pousses se forment
en 4 à 8 semaines. Au moins 2 ans sont nécessaires pour
que la plante ainsi obtenue devienne adulte (capable de fleurir).
Certaines gravures anciennes montrent une reprise sur le long du pétiole
(partie verte) ou du piège, je ne l'ai jamais constatée
(probablement une erreur). Contrairement, la reprise en culture in vitro
se fait sur toutes les parties vivantes donc sur tous les mordeaux de
feuilles.
La tige/hampe florale
est aussi un support de bouturage, plus difficile.
|

Bouture feuille.
Bouture
tige.
|
| haut
|
| 4-
Apomixie. ->je recherche des informations
et des photographies. Merci.
Pour la Dionée, le terme "apomixie"
est impropre car il désigne la formation d'une graine sans pollinisation.
Il
est préférable d'employer "prolifération"
ou "pseudo-viviparité" désignant le remplacement
de la fleur par une plante entière.
La formation de rejets sur les anciennes écailles du rhizome de
la Dionée est couramment observée, il est beaucoup plus
rare de voir de jeunes plantes se développer au niveau de la hampe
florale, anomalie cependant intéressante. Ce type de propagation
végétative porte le nom, à tord, de multiplication
par apomixie.
Dun point de vue botanique, les parties qui constituent les fleurs
(sépales, pétales, étamines et carpelle) seraient
des feuilles modifiées (D. E. Schnell, les plantes carnivores
des États Unis et du Canada).
Un stimulus inconnu induit de ces parties un retour à un état
végétatif, lorsque les fleurs se développent, et
une production de plantules. Ce phénomène est intermittent
et par conséquent il nest probablement pas contrôlée
génétiquement. Il surviendrait sur des plantes stressées,
en début de floraison, par une alternance de nuits froides et de
journées chaudes (Schnell 1976).
Quand
les plantules ont développé des racines (? je ne sais d'où
j'ai tiré cette information) il serait possible de les transplanter
"classiquement". J'ai rempoté des rhizomes sans racine
issus de plante en terre sans problème de reprise mais elle reste
plus lente. J'imagine que la plantule "pseudo-vivipare" devrait
se comporter de la même façon, je ne sais que penser de l'attente
des racines sans expérience personnelle. Les soins sont probablement
identiques à ceux d'une jeune plante fragile issue de bouture (humidité,
chaleur, lumière).
|

Apparition
d'une jeune plante sur la hampe florale (Photo de César). |
| haut
|
5-
La culture tissulaire (in vitro). Prochainement.
Un jour.
|
|
| haut
|