PLANTES CARNIVORES MEDICINALES


Plantes Carnivores

Mise à jour : 16/09/04


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1- Droséra rotundifolia (Plante protégée).

De la famille des droséracées, c'est une petite plante vivace de 3 à 5 cm de diamètre, très répandue dans l’hémisphère nord, et croît dans les endroits marécageux et acides. Les feuilles disposées en rosette sont longuement pétiolées, terminées par un limbe orbiculaire (d’où son nom) couvert de poils glanduleux, visqueux, rougeâtre et irritables. Du coeur de la rosette partent des tiges grêles terminées par une petite grappe de fleurs blanches globuleuses unilatérales. Le fruit est une capsule. Cette espèce est aussi appelée Rossolis à feuille ronde, herbe à rosée, oreille du diable.
Dans les espèces officinales admises, à coté du Drosera rotundifolia nous retrouvons ses proches cousins les Drosera anglica (anciennement Drosera longifolia) et Drosera intermedia.





Drosetux®, le nom parle de lui même. Dilution homéopathique.


La plumbagone,
méthyl-2-hydroxy-5-naphtoquinone.



Granules homéopathiques.


Ces plantes furent utilisées par les alchimistes, les sorcières et les "jeteurs de sorts" en prenant partie de leurs rituels magiques. Par l'évolution de la connaissance médicale, elles furent prescrites contre les maladies pulmonaires (bronchites, asthme), enrouement puis l'action béchique de la teinture de Drosera fut utilisée contre les quintes de toux rebelles de la coqueluche. Dans nos campagnes, le jus de Rossolis fut aussi employé contre les verrues par contact et comme aphrodisiaque.

La Médecine de cette époque s'établissait sur des connaissances pas toujours démontrées, sa pratique était influencée selon le médecin et la pensée du moment. Par analogie, certains médicaments commercialisés (veinotoniques, dérivés nitrés...) n'ont toujours pas actuellement de preuves scientifiques de leur "efficacité" et pourtant ils sont prescrits régulièrement. Des patients peuvent y être sensibles mais le pas est grand à franchir pour démontrer une réelle action médicamenteuse scientifique. Les 4 extraits suivants, définition de Drosera, montrent tour à tour un effet douteux, une prescription précise, un phénomène de mode et homéopathique.



"L'alcoolature de droséra est employé contre la coqueluche, à la dose de 5 à 20 gouttes ; son action est douteuse"
Larousse médical illustré, Dr Galtier-Boissière, 1912.

"L'alcoolature de Drosera est employé contre la coqueluche, à la dose 5 à 20 gouttes, 3 à 5 fois dans les 24 heures. Calme les quintes, en diminue la fréquence et la durée des paroxysmes. Employé par les homéopathe dans la tuberculose pulmonaire"
Larousse médical illustré, Dr Galtier-Boissière, 1924.

"Contres les maladies pulmonaires on a prescrit le droséra ; maintenant la vogue est passée, toutefois on prétend qu'il donne de très bon résultats contre la coqueluche"
Mon Docteur, Encyclopédie Moderne de Médecine et d'Hygiène, Méthode Scientifiques et Pratiques, 1930.

"Antispamodique préconisé contre la coqueluche. Très employé par les homéopathes. Souvent associée à l'aconit"
Formulaire Astier. Vade-Mecum de Médecine pratique, 1942.


Drosera rotundifolia.



Drosera rotundifolia
(La Pignole 08/2002).

Drosera rotundifolia

(Marais du cerisaie 06/2001)
Les Drosera sont des plantes médicinales employées couramment de nos jours dans l’élaboration de certains médicaments et sont menacée de disparition, elles sont maintenant protégées. Les laboratoires pharmaceutiques les ont remplacées par d'autres espèces de Drosera provenant de Madagascar (Drosera ramentacea, pauvre en principe quinonique et parfois commercialisé), d'Asie orientale (Drosera peltata, plus riche en naphtoquinone que les espèces officinales et envahissant le marché) et d'Europe centrale. Ils est commercialisés sous forme d'extraits ou de teinture et entre dans la composition de nombreux sirops. Dans la nature, la plante entière est récoltée au moment de la floraison. La drogue est issue de la partie aérienne de la plante fraîche ou séchée. Les feuilles fraîches en infusion avaient des effets analogues et un effet rubéfiant. Brute, la drogue est amère et discrètement salée, et vire au noir rapidement lors de sa conservation. Elle contient du tanin en faible quantité, des anthocyanoside (coloration rouge des poils), des flavonoïdes et le principe actif, la plumbagone (naphtoquinone).

Les propriétés (surtout antispasmodique par les naphtoquinones):

Antispasmodique bronchique: levée du bronchospasme par action sur la musculature lisse (agoniste cholinergique? Effet sur l'asthme?)
Antitussif: anti-toux.
Antibacterien, antifongique: action antibiotique (?) en faible concentration, active in vitro sur les cocci gram+ (staphilocoques, Streptocoques, Pneumocoques), quelques gram- (Salmonelle), quelques champignons. Devant la recrudescence des resistances bactériennes, l'action antibactérienne est à relativiser.
Antitumoral: à forte dose la plombagone est cytotoxique avec une possible action sur la leucémie lymphocytaire (prolifération cancéreuse de certains globules blancs). Résultats probablement issus in vitro et sur l'animal.
Diurétique: augmentation de la fabrication d'urine.
Antipyrétique: fébrifuge.

Les prescriptions d'époque (surtout antitussif):
Coqueluche: teinture de drosera. Faire macérer pendant 10 jours, 50 g de plante fraîche écrasée dans 0,25 l d'alcool à 60°. Prendre 10 gouttes, 3 fois pas 24 h, dans une tisane.
Bronchite, toux: infusion de drosera. Faire infuser une dizaine de minutes 10 g de plante pour 1 l d'eau bouillante. Boire 2 tasses par jour.
Coqueluche chez les enfants: 5 gouttes par année d'age et par jour dans un sirop, par prises fractionnées toutes les 2 heures.
Enrouement: teinture de drosera en usage interne. 10 gouttes, 3 fois par jour.
Verrue: suc frais de drosera à appliquer localement.


Préparation et posologie (Formulaire Astier 1942):

Adultes: teinture: 1 à 5g.
Enfants: teinture: 10 Gouttes par année. Pour produire quelques effets, ces doses classiques doivent être décuplées.

Gouttes:
Teinture de belladone 4g
Teinture de droséra de de grindelia 3g
10 Gouttes, 2 à 3 fois par jour, selon l'âge, dans une infusion.

Potion pour enfant de plus de 5 ans:
Teinture de grindelia et drosera 1g
Sirop de codeine 10g
Sirop de Tolu 20g
Eau de tilleul Q.S.p.60
A prendre par cuillérées à dessert dans les 24 heures.




Tiges florales en cours de maturation. Symétrie fascinante.


Hampe florale.


Fleur.

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2- Pinguicula vulgaris (Plante protégée).

La définition de Pinguicula dans un dictionnaire médicale de 1924 est une petite tumeur arrondie, que l'on croyait autrefois de nature graisseusse, de la grosseur d'un grain de chénevis, siègeant sur la conjonctive, au grand angle de l'oeil.

Famille des lentibulariacées, la Pinguicula ou grassette croit dans des endroits humides pouvant être variés. Les feuilles, disposées en rosette d'un diamètre de 5 à 15 cm, sont de couleur vert pâle à jaunâtre. Elles sont couchées sur le sol, oblongues, les bords discrétement repliés sur le dessus avec un aspect gras et luisant, la glu.

La Pinguicula est dotée de vertues apaisantes et adoucissantes. Seules les feuilles, fraîches ou séchées, sont utilisées et l'extrait obtenu contient du mucilage, du tanin, du saccharose et diverses enzymes dont une analogue à la rennine de l'estomac de l'homme.

Les propriétés:

Apaisante, antispasmodique, béchique, cicatrisante, fébrifuge.

Les prescriptions d'époque :
Coqueluche: extrait de Pinguicula. Verser 1/4 l d'eau bouillante sur 50 g de feuilles, laisser macérer 1 nuit puis filtrer, chauffer jusqu'à l'évaporation de la moitié. Prendre 5 gouttes 3 fois par jour dans une tisane
Nervosté: combattre les spasmes et réequilibrer le système nerveux. Même préparation que pour la coqueluche. 20 gouttes par jour, en 2 à 3 prises.
Cheveux: application locale de jus frais pour faire briller et assouplir la chevelure.
Ulcère cutané: cataplasmes avec des feuilles écrasées.


Pinguicula vulgaris.


Pinguicula vulgaris
(Salers 08/2004)


Pinguicula vulgaris
Accord et Photo: Eric Partrat
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